Uhunmwu-Ẹkuẹ restitué à la République fédérale du Nigéria le 20 avril 2026
masque pendentif porté par les grands initiés du Palais royal
Nigeria, royaume de Benin. 18e ou 19e siècle
Laiton, cuivre, fonte à la cire perdue. H: 17.5 cm, l: 11 cm
Commandé à la Guilde royale des fondeurs de bronze, Igun Eronmwon par le Palais royal de Bénin ; hérité par descendance jusqu’au règne de Oba Ovonramwen (Ovonramwen Nogbaisi, 1857 - vers 1914 ; règne : 1888-1897) ; pillé en 1897 au Palais royal pendant l’occupation militaire britannique de Bénin ; ce masque miniature a ensuite été publié dès 1900 dans le catalogue de vente de W. D. Webster (Vol. 4, No. 24., 7610). Acheté au marchand allemand Hans Himmelheber (1908-2003) en novembre 1932. Inventorié en 1945
ANCIEN MEG Inv. ETHAF 020501
Géolocaliser l'objet
Tout comme la défense royale en ivoire, cet ornement de grand prestige a été vendu aux enchères à Londres, dans la foulée de l’expédition anglaise dans la capitale du royaume de Bénin en 1897. Il figure ensuite au catalogue de vente de l’antiquaire William D. Webster, sous les N° 1683 & 7610, encore inscrits à son verso. Sa trace se perd lorsqu’il est à nouveau mis aux enchères à la Stevens Auction House en 1902. C’est en Allemagne qu’il réapparait entre les mains du marchand d’art Hans Himmelheber en 1932, tandis que ce dernier propose de le céder à Eugène Pittard, alors directeur du Musée d’ethnographie de Genève.
Au MEG, les trois artefacts concernés par ce transfert de propriété
Les recherches en provenance publiées dans le rapport de l’Initiative Bénin Suisse en 2023 démontrent formellement que la grande défense d’ivoire sculptée (MEG Inv. 021934) ainsi que le masque de ceinture en alliage de cuivre (MEG Inv. 020501) sont des pièces du butin pillé au palais royal de Bénin lors de l’occupation militaire anglaise de 1897. La cloche d’autel (MEG Inv. 027421), a été probablement spoliée elle aussi, car son style comme sa facture permettent de dater sa création et son usage cérémoniel du 18e siècle ou du début du 19e siècle.
Ces trois biens culturels font partie d’un ensemble de 9 pièces originaires du royaume de Bénin au Nigéria dans les collections du MEG. Toutes ont été acquises par le musée au 20e siècle, entre 1901 et 1965, sur le marché de l’art européen, sauf la dernière, achetée à Lagos au Nigéria et d’un style résolument «moderne». Six artefacts sur les neuf originaires du royaume de Bénin n’ont donc clairement pas été spoliés en 1897, comme en atteste le style de leur facture et resteront dans les collections du musée.
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Registres d'inventaires historiques
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Copie dactylographiée en 13 volumes de l'Inventaire original MEG manuscrit
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Registre d'inventaire original - non indexé
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Copie dactylographiée en 13 volumes de l'Inventaire original MEG manuscrit
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Registre d'inventaire original - non indexé
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Edo et Yoruba au Nigeria
L’identité «yoruba» recouvre une langue et différents peuples de la région d’Afrique occidentale située entre le cours moyen du Niger et la côte atlantique, entre le Nigeria et le Bénin. Oduduwa, la divinité originelle yoruba, régna sur la cité mythique d’Ifè, lieu de la création du monde. Il est l’ancêtre de tous les souverains des royaumes yoruba (Oyo, Owo, Kétou, etc.) et du royaume edo de Bénin après la chute de la dynastie des Ogiso.
Le royaume edo de Benin
Au 16e siècle, le puissant royaume de Bénin (Benin City) étendait son influence de Ouidah (au Bénin) jusqu’au delta du Niger (Nigeria). La dynastie qui règne encore de nos jours, descend du prince d’Ifè, Oranmiyan, souverain de la cité de Bénin au 13e siècle. Dès le 15e siècle, les Portugais y établirent un commerce florissant: armes à feu, laiton et produits de luxe s’échangeaient contre les esclaves, les poivres et l’ivoire. Les relations commerciales et diplomatiques avec l’Europe cessèrent pour faire place à la colonisation lorsqu’en 1897, la capitale du royaume fut incendiée et pillée par les Britanniques.