Description

Treillis 2002

Datation
2002
État
état unique
Dimensions
image: 2003 x 1000 mm
feuille: 2120 x 1120 mm
Matériaux
Linogravure
vélin Hahnemühle
Mention obligatoire
MAH Musée d’art et d’histoire, Ville de Genève
Numéro d'inventaire
E 2002-1034
Description
[Texte de Christophe Cherix]: Pour la Société suisse de gravure, Fabrice Gygi (né à Genève, en 1965) vient d'achever la plus grande estampe que compte à ce jour son oeuvre imprimé : une linogravure de 2 mètres par 1, dont le tirage du linoléum, sur presse à eau-forte, a été confié à l'URDLA de Villeurbanne. Fabrice Gygi auquel le Magasin de Grenoble a consacré une rétrospective en 2000 et qui a représenté en 2002 la Suisse à la Biennale de São Paulo commença dès 1982-1983, soit à l'âge de 17 ou 18 ans, la gravure et l'édition de petits livres d'artiste. Très vite, il se tourna vers la linogravure parce que, selon ses propres termes, « [il] était incapable de considérer sérieusement un des-sin ou simplement de le conserver, [qu'il] aimait la qualité imprimée de la gravure, la mise à distance qu'elle impliquait » . Dès 1988-1989, il réalisa notamment de nombreuses suites au moyen de la technique dite « de la planche perdue » (de couleur en couleur, un même linoléum est repris à la gouge, ce qui a pour effet de le rétrécir à chaque fois). Porca Miseria, La Fuite des organes, Le Buveur d'or, Psycopompe [sic] sont autant de séries usant de ce procédé et explorant au sein de la représentation et du faire les rapports entre le corps et la société, le privé et le public, une culture et une autre. Dès le milieu des années 90, Gygi délaissant quelque peu la gravure et ses expérimentations réalisa un ensemble d'installations et de sculptures de grandes dimensions prenant la forme de structures en apparence anodines, mais incarnant toutes des fonctions d'autorité. Les oeuvres isolent dès lors souvent des parties d'un système habituellement considéré comme unifié, dévoilant l'ambivalence de l'une ou l'autre de ses composantes. Ainsi, ses tentes convoquent simultanément les images du secours (après la catastrophe) et de la course de montagne. Son podium rappelle une scène pour chanteurs amateurs et un lieu de mise en accusation publique. Son tribunal évoque aussi bien un outil pédagogique à destination des lycéens (une école de la justice en quelque sorte) et une cour de campagne dépêchée pour statuer de quelque atrocité. Car ce qui explicitement intéresse l'artiste est «la façon de s'accommoder des exigences sociales en tant que citoyen» . Treillis 2002 renoue et rompt avec l'oeuvre gravé existant de l'artiste. La planche est obtenue au moyen d'une technique un linoléum imprimé sur presse à eau-forte qui apparaît en 1984 chez Gygi à l'occasion d'une suite de 22 petites estampes rassemblées sous portefeuille (unique en l'état). Elle diffère pourtant radicalement du caractère intime et encore exploratoire de ces dernières par sa dimension monumentale et son tirage considérable. C'est que Treillis 2002 est une représentation grandeur nature d'un objet vu dans le réel. Plongée dans l'univers domestique du collectionneur, ouvrant un espace quasi anthropomorphe, elle suggère par la séparation qu'elle induit (l'interdiction d'aller au-delà de l'image) l'irruption d'une violence, l'existence d'un monde qui se protège et dont nous sommes, simple amateur d'art confortablement installé chez soi, tenu à distance. Comme les planches des années 80, elle existe au sein d'un univers privé, mais ce qui fait ici retour, projetée à l'échelle de la gravure, est la dimension politique des installations des années 90. Si Gygi revisite à travers Treillis 2002 le passé de sa pratique, c'est donc précisément pour le confronter au présent de son oeuvre.
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Œuvre non exposée au musée
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Collection(s)
Estampes
Période
XIXe siècle et période contemporaine
Lieu d'impression
Villeurbanne

Bibliographie

Bibliographie
Rümelin Christian (dir.), Haensler Huguet Carole, Guex Stéphanie, Holderegger Katharina , Tissot Karine, Constantini Marco, Wäspe Roland, Enckell Juillard Julie, 100 / 125 : cents ans de la Société suisse de gravure, Zürich, Scheidegger & Spiess, 2018, n° 212
Paul Tanner, La Société suisse de gravure : un club pour la promotion de l'art contemporain, 2010, 76

Expositions

Fabrice Gygi, De la vacance aux communes-réunies, Martigny, Le Manoir, -

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