Description

Tapisserie
Titre
La Vengeance de Notre Seigneur: La prise de Jérusalem par les Romains en l'an 70

Auteur(s)
Datation
vers 1480
Lieu de création
Tournai
Dimensions
haut.: 290 cm
larg.: 480 cm
Matériaux
Laine; soie; tapisserie de haute lisse; doublure (moderne); bleu (lisière, bords); vert-bleu (fond); jaune, rouge, blanc cassé (détails); bistre clair, brun (murailles); rouge et bleu (vêtements des soldats); blanc et jaune (soie, détails). Forme : rectangulaire; bordure
Mention obligatoire
MAH Musée d'art et d'histoire, Ville de Genève. Achat, 1974
Numéro d'inventaire
AD 2357
Description
La scène illustre la destruction de Jérusalem, telle qu’elle est relatée par l’historien juif Flavius Josèphe (37–100 apr. J.-C.), puis reprise au début du XVe siècle par Eustache Marcadé, poète français mort en 1440, dans sa pièce de théâtre intitulée le "Mystère de la Vengeance de Notre Seigneur". Ce texte qui connut un large succès devint la source d’inspiration de plusieurs tapisseries princières. À Vienne, Tournai, Lyon, Florence et Saumur sont conservées des tapisseries figurant d’autres scènes de ce mystère. Ici, on reconnaît l’épisode de l’empereur Titus faisant couper les mains des prisonniers juifs lors de la prise de Jérusalem par les Romains en l'an 70 de notre ère. En haut à gauche, un homme, les bras liés, est agenouillé devant un bloc de bois, sur lequel ses mains sont posées ; en face de lui, un soldat romain s’apprête à le supplicier avec son épée. D’autres Romains, venant de gauche et de droite, escaladent les murailles de Jérusalem et s’engouffrent dans l’une des portes, tandis qu’au sol gisent des défenseurs sans vie. Cette pièce n'est qu'une partie d'une tapisserie de grandes dimensions, que l’on peut estimer à environ 400 cm en hauteur et 700 cm en largeur, si on la compare à d'autres tentures faites à Tournai au XVe siècle. Deux bordures complétaient à l’origine la tapisserie, l’une agrémentée d’une inscription en vers français en haut, l’autre d’une inscription en latin en bas. Il manque également une partie de la silhouette de la ville avec ses défenseurs ainsi que des assaillants, venant de la droite. Les tapisseries gothiques sont tissées à partir de grands cartons qui reproduisent en grandeur nature de plus petits dessins, appelés « petits patrons », souvent de la main d’artistes célèbres. Jusqu’à récemment, on a pensé que les petits patrons de cette tapisserie – malheureusement perdus - étaient le fait d’Henri de Vulcop, peintre en titre de la reine Marie d'Anjou (1404-1463), actif d'après les textes entre 1451 et 1470. En effet, il existe d’importantes ressemblances entre la tapisserie de Genève et les modèles de cet artiste, qu’il a réalisés en 1465 (conservés au musée du Louvre) pour les tentures royales illustrant des épisodes de la "Guerre de Troie", autre récit historique majeur au Moyen Âge. Des découvertes récentes attribuent aujourd’hui ces modèles, et par conséquent les patrons de la tapisserie de la Vengeance de Notre Seigneur, au Maître de Coëtivy, artiste mystérieux que l'on suppose être Colin d'Amiens (dit aussi Nicolas d'Ypres). Appartenant à une lignée d'artistes français réputés et figure dominante à Paris durant la seconde moitié du XVe siècle, ce peintre affiche un goût pour le tumulte et le mouvement, que l’on retrouve dans la tapisserie genevoise. Celle-ci a dû être tissée vers 1480 à Tournai, grand centre de la tapisserie flamande, d’après un petit patron que ce maître a dessiné probablement vers 1465.
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Collection(s)
Textiles
Période
Moyen Âge
Lieu représenté
Jérusalem (interprétation)

Bibliographie

Bibliographie
Marin Jean-Yves (dir.), MAH : les collections du Musée d'art et d'histoire de Genève, Genève, Musée d'art et d'histoire, 2019, p. 82-83, fig.
Cäsar Menz, Musée d'art et d'histoire, Genève. Genève-Zurich, Banque Paribas (Suisse), Institut suisse pour l'étude de l'art, 2008, p. 60, fig. 67, repr. coul. p. 52 (détail)
Philippe Béatrice, Sirat René-Samuel (dir.), Voir Jérusalem : pèlerins, conquérants, voyageurs, [Exposition, Mairie du Ve arrondissement, Paris, automne 1997], Paris, Centre culturel du Panthéon : Association Cimaise-art et histoire, 1997, p. 34, ill. V. 10, repr. NB
Budde Hendrik, Nachama Andreas, Die Reise nach Jerusalem, eine Ausstellung der 9.Jüdischen Kulturtage, [Exposition, der Grossen Orangerie Schloss Charlottenburg Berlin, 22. November 1995 bis 29. Februar 1996], Berlin, Jüdische Gemeinde zu Berlin, 1996, pp.145-146 ill.1/60 Abb.141
Avril François, Reynaud Nicole, Les Manuscrits à peintures en France 1440-1520, Paris, Flammarion : Bibliothèque Nationale, 1993, n° 26, p. 64
Société des artistes indépendants (Paris), De la Bible à nos jours : 3000 ans d'art, [Exposition, Grand Palais, Paris, 6 juin-28 juillet 1985], Paris, Société des artistes indépendants, 1985, cat. n° 171, p. 178-179 (notice Claude Lapaire)
Lapaire Claude, Une tapisserie gothique à Genève, Genava, n.s., 23, 1975, (article consacré à l'oeuvre)
Vente Sotheby, Londres, 13 décembre 1974, n° 219
Reynaud Nicole, Un peintre français cartonnier de tapisseries au XVe siècle : Henri de Vulcop, Revue de l'art, 22, 1973, p. 6-21, p. 16, fig. 40
Frankfurter, A.M., Gothic Trojan War tapestries, International Studio, 1929 (avril), p. 40

Expositions

Voir Jérusalem : pèlerins, conquérants, voyageurs (à travers l'espace et le temps), Paris (Mairie du Ve Arrondissement), -
Die Reise nach Jerusalem. Eine kulturhistorische Exkursion in die Städte 3000 Jahre Davidsstadt, Berlin (Grosse Orangerie, Schloss Charlottenburg, Spandauer Damm), -
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