Description

Sceau byzantin
Titre
Sceau du tribunal de Sainte-Sophie

Auteur(s)
Datation
13e -14e siècles
Lieu de création
Constantinople (Empire byzantin)
Matériaux
Plomb
Numéro d'inventaire
CdN 2004-0439
Description
Avers : La Vierge et l'empereur Justinien Ier, non nimbé, tiennent un modèle de l'église de Sainte-Sophie. Le dôme de l’église repose sur trois arcatures, portées par quatre colonnes, fermées à mi-hauteur par des panneaux lisses, figurant la porte royale ouverte, laissant apparaître la croix patriarcale sur l’autel. De part et d’autre du dôme, épigraphe continuée, en colonne, sous le portail, pour [Ἡ] ἁγία Σοφία, La Sainte-Sophie. Les effigies sont identifiées par une inscription en colonne placée derrière elles, soit, à gauche : Ἰουστινιανὸν δεσπότην, l'empereur Justinien; à droite de la Vierge, Μ(ήτ)ηρ Θ(ε)οῦ ἡ Βοήθηα, Mère de Dieu, le Secours. Revers : légende sur cinq lignes, surmontée d’une croisette et suivie d’une perle accostée de fleurons : +Τοῖς θεοσεβεστάτοις πρεσβυτέροις καὶ ἐκκλησ<ι>εκδίκοις. (Aux) très pieux prêtres et juges ecclésiastiques
Outre le fondateur de Sainte-Sophie, Justinien Ier est l’instituteur du tribunal de la Grande Église, dont la mission était de contribuer à mieux défendre les criminels face à l’injustice humaine. La Vierge, réceptacle de la sagesse divine de Dieu (sainte Sophie), à laquelle l’église est consacrée, est considérée comme l’intercesseur par excellence auprès de son Fils en faveur des humains et en particulier des criminels. La variante de ce sceau donnant à la Vierge l'épithète Η ΒΟΗΘΕΙΑ, Le Secours, est la plus tardive et la plus nombreuse des sceaux connus des ekklèsiekdikoi. Le rôle d’intercesseur de la Vierge en faveur des criminels et d’assistance aux juges-prêtres est ici reconnu de manière claire. De dimensions et de poids insolites (45 à 85 mm), comparés aux sceaux laïcs ou ecclésiastiques de taille moyenne (23 à 28 mm), le sceau des ekklès(i)ekdikoi de Sainte-Sophie est le seul frappé par un collège ecclésiastique, et le seul sceau d’Église portant l’effigie d’un empereur. Le type iconographique fut reproduit presque identique trois siècles durant : la Vierge, protectrice de Constantinople, tient un modèle de l’église de Sainte-Sophie offert par l’empereur Justinien, son fondateur. Si cette composition ne connaît pas de parallèle sigillographique ou autre, elle n’est pas sans rappeler la mosaïque du Xe siècle, placée au-dessus de la porte du vestibule sud-ouest de Sainte-Sophie : la Vierge assise sur un trône sans dossier, tenant l’Enfant en son giron, est entourée, à gauche, de l’empereur Justinien lui offrant le modèle de l’église et, à droite, de Constantin le Grand lui apportant celui de la Ville.
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Œuvre non exposée au musée
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Collection(s)
Byzantine et copte
Numismatique
Période
Moyen Âge

Bibliographie

Bibliographie
Campagnolo-Pothitou Maria, Cheynet Jean-Claude, Sceaux de la collection George Zacos au Musée d'art et d'histoire de Genève, [Collections byzantines du MAH, Genève, 5], Milan, 5 Continents, 2016, p. 309, n° 270
Marielle Martiniani-Reber (dir.) ; Patrick Andrist ; Bertrand Bouvier ; Maria Campagnolo ; Matteo Campagnolo ; Gabriella Lini ; André-Louis Rey ; Gaël Bonzon, Byzance en Suisse, [Exposition, Musée Rath, Genève, du 4 décembre 2015 au 13 mars 2016], Milan, 2015, p. 567, n° 557
Campagnolo-Pothitou, Maria, Le sceau des juges-prêtres (ekklèsiekdikoi) du tribunal de Sainte-Sophie, Constantinople, XIIe siècle, dans Genava. La revue des Musées d'art et d'histoire de Genève, n. s. 60, 2012., p. 146, repr. coul.
Zacos, G.. John Nesbitt. Byzantine lead seals. Berne, 1984., n° 73a

Expositions

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