Description

Sceau byzantin
Titre
Sceau du tribunal de Sainte-Sophie

Auteur(s)
Datation
12e s.
Lieu de création
Constantinople (Empire byzantin)
Matériaux
Plomb
Numéro d'inventaire
CdN 2004-0438
Description
Avers : dans un cercle de grènetis, la Vierge, à gauche, debout sur un souppédion bordé de perles, tête légèrement inclinée, tournée de trois quarts, mains tendues touchant la maquette de Sainte-Sophie, figurée au centre du champ, que Justinien tient des deux mains. L’empereur nimbé, à droite, debout sur un souppédion semi-circulaire, est tourné de trois quarts, regardant de face, tête inclinée vers la Vierge, coiffé d’une couronne crucigère à pendilia et vêtu du lôros croisé, orné de grosses perles. L’édifice, de même type que celui des sceaux précédents, comporte un dôme crucigère porté par trois arcs, ornés chacun d’une croix, reposant sur trois absides visibles. Épigraphe en colonne, commençant au-dessus du dôme et poursuivi sous l’abside centrale, Ἡ ἁγ(ία) Σοφί(α). La Sainte-Sophie. L’invocation circulaire, débutant à gauche, y est écrasée ; la lecture est possible à partir du nimbe de la Vierge, [Ὑπεραγ]ία Θεοτόκε βοήθ(ει). Revers : légende sur six lignes ; écrasement latéral des caractères : [+] Τοῖς θε[ο]σεβεστά[τ]οις πρεσ[β]υτέροις [(καὶ)] ἐκκλησ<ι>εκδίκοις. +Mère de Dieu, la Toute Sainte, apporte ton secours aux très pieux prêtres-uges
Outre le fondateur de Sainte-Sophie, Justinien Ier est l’instituteur du tribunal de la Grande Église, dont la mission était de contribuer à mieux défendre les criminels face à l’injustice humaine. La Vierge, réceptacle de la sagesse divine de Dieu (sainte Sophie), à laquelle l’église est consacrée, est considérée comme l’intercesseur par excellence auprès de son Fils en faveur des humains et en particulier des criminels. De dimensions et de poids insolites (45 à 85 mm), comparés aux sceaux laïcs ou ecclésiastiques de taille moyenne (23 à 28 mm), le sceau des ekklès(i)ekdikoi de Sainte-Sophie est le seul frappé par un collège ecclésiastique, et le seul sceau d’Église portant l’effigie d’un empereur. Le type iconographique fut reproduit presque identique trois siècles durant : la Vierge, protectrice de Constantinople, tient un modèle de l’église de Sainte-Sophie offert par l’empereur Justinien, son fondateur. Si cette composition ne connaît pas de parallèle sigillographique ou autre, elle n’est pas sans rappeler la mosaïque du Xe siècle, placée au-dessus de la porte du vestibule sud-ouest de Sainte-Sophie : la Vierge assise sur un trône sans dossier, tenant l’Enfant en son giron, est entourée, à gauche, de l’empereur Justinien lui offrant le modèle de l’église et, à droite, de Constantin le Grand lui apportant celui de la Ville.
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Œuvre non exposée au musée
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Collection(s)
Byzantine et copte
Numismatique
Période
Moyen Âge

Bibliographie

Bibliographie
Campagnolo-Pothitou Maria, Cheynet Jean-Claude, Sceaux de la collection George Zacos au Musée d'art et d'histoire de Genève, [Collections byzantines du MAH, Genève, 5], Milan, 5 Continents, 2016, p. 304, n° 266
Marielle Martiniani-Reber (dir.) ; Patrick Andrist ; Bertrand Bouvier ; Maria Campagnolo ; Matteo Campagnolo ; Gabriella Lini ; André-Louis Rey ; Gaël Bonzon, Byzance en Suisse, [Exposition, Musée Rath, Genève, du 4 décembre 2015 au 13 mars 2016], Milan, 2015, p. 567, n° 556
Zacos, G.. John Nesbitt. Byzantine lead seals. Berne, 1984., n° 64

Expositions

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