Armet savoyard

vers 1600-1620
Couleurs
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Description

Armet savoyard

Datation
vers 1600-1620
Lieu de création
Nord de l'Italie
Dimensions
poids: 5 kg
Matériaux
Acier
Mention obligatoire
Ville de Genève, Musées d'art et d'histoire. Don d'Anna Sarasin, 1903.
Numéro d'inventaire
005374
Description
Les casques travaillés à l’imitation d’un visage humain réaliste ou stylisé sont un phénomène récurrent dans l’histoire de l’armement, qu’ils aient eu une finalité stratégique - impressionner l’ennemi, dissimuler ses traits, cacher ses expressions - ou simplement esthétique. En Europe, leur dernier avatar est représenté par une variante d’armet de cuirassier (cavalerie lourde) qui se caractérise par une face modelée ou pourvue d’ouvertures évoquant les traits du visage de façon plus ou moins naturaliste. La diversité de ces masques atteste qu’en dépit du niveau élevé de normalisation de l’équipement militaire autour de 1600, on était encore loin de la standardisation des armées régulières modernes. En usage de la fin du 16e siècle au premier tiers du siècle suivant, ce type est aujourd’hui connu sous le nom d’ "armet savoyard". Cette dénomination, qui tire son origine de la collection genevoise, ne remonte toutefois qu’à la seconde moitié du 19e siècle, où elle ne servait qu’à désigner la provenance historique de ces casques et non leur typologie. En effet, les trente-trois exemplaires hérités de l’ancien Arsenal, brunis ou peints en noir suivant la mode du temps comme les armures auxquelles ils appartenaient, sont traditionnellement considérés comme ayant été portés par les Savoyards lors de l’Escalade (tentative manquée du duc Charles-Emmanuel Ier de Savoie de s’emparer de Genève par surprise dans la nuit du 11 au 12 décembre 1602), leur couleur sombre semblant adéquate à une attaque nocturne. Ces armets étaient toutefois utilisés par la plupart des armées européennes de l’époque, y compris à Genève. Cet exemplaire provient de la collection de l’ancien syndic de Genève Jean-Jacques Rigaud (1785-1854), donnée à la Ville de Genève en 1903 par sa petite-fille Anna Sarasin.
Armet savoyard semblable à l'exemplaire inv. C 882, mais pourvu d'une avance horizontale et en pointe. Il se compose actuellement de cinq pièces, brunies, dont trois sont pivotantes: l’avance, le mézail et la mentonnière, à laquelle était rivé, à l’origine, le devant du gorgerin qui manque. Le timbre sans crête est formé par les deux autres pièces forgées ensemble; la calotte de droite est rabattue sur celle de gauche et onze rivets de fixation les unissent. Le bord supérieur du mézail est découpé de manière à représenter la moitié inférieure des yeux, tandis qu’au-dessous une ouverture rectangulaire aux petits côtés arrondis évoque une bouche. Tant le pourtour du gorgerin, orné d’une bande rabaissée, que le plat de l’avance et le bord du front du timbre, sont en bourrelet aplati. Le bord de la mentonnière, du mézail avec ses orbites et du reste de l’avance est souligné par un trait gravé. Sur l’axe du timbre, deux traits parallèles formant une bande délimitent l’union des deux calottes. De plus, les contours du timbre et de la mentonnière sont parsemés d'orifices destinés à recevoir les rivets qui fixaient autrefois sa garniture interne. Arête médiane sur le mézail et la mentonnière. Il se ferme, d’une part, au moyen d’une courroie à boucle fixée sur la nuque de l’armet, et, d’autre part, sur la joue droite, par un oeillet recevant un crochet, rivés respectivement sur la mentonnière et le bas du mézail. Ces différents éléments de fixation ont disparu, mais les orifices destinés à les recevoir attestent ce système de fermeture. Endommagé au gorgerin où la pièce antérieure manque et à l'avance, dont les extrémités, cassées dans la zone des pivots - peut-être à la suite d’un accident -, furent en son temps réparées par l’adjonction de deux plaquettes rivées. Des exemplaires semblables sont conservés à Florence (Museo Stibbert, inv. 339), Paris (Musée de l'Armée, inv. H. PO 168) et Milan (Museo Poldi Pezzoli, inv. 2064). D'autres, analogues mais dépourvus de bouche, figurent à Bologne (Museo Civico Medievale, inv. 3298), Florence (Museo Stibbert, inv. 2810) et Vienne (Hofjagd-und Rüstkammer, inv. A 1180); l'armet de Florence, incomplet, finement gravé et doré, est rattaché à l'œuvre de l'armurier Pompeo della Cesa. Un autre exemplaire analogue, avec six rainures d'aération en grille entre les yeux et la bouche, se trouve à Munich (Bayerisches Nationalmuseum).
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Œuvre non exposée au musée
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Collection(s)
Armes et armures
Période
Période moderne

Bibliographie

Bibliographie
Godoy, José-A., "Les armets savoyards du Musée d'art et d'histoire de Genève", Genava, n.s., t. L(2002), pp. 11-82, p. 65, n° 21, fig. 31.10
C'était en 1602 : Genève et l'Escalade, [Exposition, Exposition éponyme, Genève, Musée d'art et d'histoire, 24 octobre 2002-23 février 2003], Genève, Musée d'art et d'histoire, Georg, 2002, p. 176, n° 31

Expositions

C'était en 1602. Genève et l'Escalade, Genève, Musée d'art et d'histoire, -
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