Introduction
- Préface de Stafleu F.A.
- Préambule
- Einleitung
- Introduction
- Tracé graphique et identité des scripteurs
- Pratique de l'identification des écritures
| Préface de Stafleu F.A. |
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Taxonomic botanists have long been concerned with the identification
of handwritten notes on herbarium specimens. A correct identification
may establish the authenticity of type specimens and other material
of historical and nomenclatural standing. Collections of handwriting
samples were made by botanists to assist such identification
as early as the beginning of nineteenth century. On the European
continent, for instance, A. P. de Candolle and Benjamin Delessert
set up autograph collections to guide themselves and other users
of their herbaria in determining the origin of nomenclaturally
and taxonomically significant specimens. The Candolle collection
was described by Burdet in the introduction to his "Cartulae"
1-3. The Delessert collection, which is alas not at Geneva, is
described in some detail by Lasègue in his "Musée
botanique de Benjamin Delessert" (1845). FRANS A. STAFLEU |
| Préambule |
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Des fiches d'identification autographique de botanistes ont paru
dans la revue "Candollea" de 1972 à 1979. Elles
sont consacrées d'une part aux collecteurs dont les spécimens
sont diposés dans les herbiers des Conservatoire
et Jardin botaniques de Genève, d'autre part à
des botanistes qui ont travaillé sur ces collections soit
à Genève, soit en les empruntant. Le choix qu'on
a opéré ne représente de loin pas la totalité
des ressources du Conservatoire dans ce domaine. Ces fiches sont
principalement destinées à permettre ou à
faciliter le déchiffrement des étiquettes et des
annotations manuscrites dans les herbiers. Elles comportent en
général des exemples de la signature et de l'écriture
dans diverses langues de chacun des botanistes choisis ainsi
qu'une étiquette de leur herbier. En plus de ces échantillons
autographes, elles fournissent les éléments biographiques
essentiels à la référence de la plus complète
étude bibliographique publiée sur le botaniste
en question. Dans la mesure où elle est connue, la localisation
des spécimens d'herbiers est fournie à l'aide du
système abréviatif de l'Index Herbariorum publié
par l'IAPT. La fréquence des questions que des botanistes de passage pensent pouvoir élucider en consultant les archives des Conservatoire et Jardin botaniques, de même que l'ampleur de la correspondance échangée à propos d'identifications d'écritures de botanistes disparus, donnent à penser qu'une approche plus rationnelle des problèmes de cette nature serait un service apprécié de la communauté scientifique. A son époque déjà A. P. de Candolle avait réalisé un fichier biographique, et dans certains cas autographique, des botanistes avec lesquels il était en contact épistolier. Il notait sur des feuilles volantes rangées alphabétiquement les principaux événements de la vie privée et de la carrière de ses correspondants. Il y a ajouté parfois, en les épinglant, des étiquettes d'herbier, des enveloppes et des fragments de lettres, prenant soin presqu'à chaque fois de noter la date et le nom de leur auteur "Scripsit Roemer! misit Balbis, etc.". Ce fichier a été conservé par A. L. P. P. de Candolle et quelque peu complété après la mort de son père. Il ne semble pas que ce fichier ait jamais été destiné à la publication, il devait plutôt servir à la documentation personnelle de ses auteurs, à la rédaction d'éloges mortuaires, de mémento et de point de comparaison pour l'identification des étiquettes d'herbier. C'est dans une large mesure pour les mêmes raisons que les botanistes d'aujourd'hui font appel à ce genre de documents. Il semble en effet certain que dans bien des travaux de floristique et de taxonomie, seule l'identification sûre de l'auteur d'une récolte ou d'une annotation permette la typification ou simplement la prise en considération d'un échantillon d'herbier. Cet aspect immédiat et pratique de l'identification autographique ne diminue d'ailleurs pas l'intérêt intrinsèque, historique et biographique d'un échantillon d'écriture ou d'une signature. Les archives accumulées à Genève paraissent à même de fournir des éléments, certes partiels, néanmoins intéressants pour la réalisation d'un fichier autographique des botanistes disparus. Preuve en soit l'intérêt des chercheurs contemporains! Par ailleurs la majeure partie des difficultés qui entravaient la reproduction par impression, de pièces d'archives, s'est estompée à la suite des derniers développements de la photographie, de la phototypie et notamment des techniques offset. Le mode de reproduction choisi ici est une phototypie sur fond blanc où le tracé graphique ressort en noir quelles que soient les teintes originales de l'encre et du papier. A chaque fois l'accent a été mis sur la netteté du tracé et l'on a procédé à la suppression des taches, moisissures et autres impuretés provenant du vieillissement des pièces originales. Tous les documents reproduits le sont dans leurs dimensions originales (rapport de reproduction 1:1). Il est frappant de voir à quel point le tracé graphique d'un auteur peut varier. En plus d'une altération progressive bien naturelle due à l'âge croissant, on constate que l'écriture change notablement lorsque la langue employée diffère. Ces changements sont spécialement marqués pour les auteurs de langue maternelle germanique ou slave lorsqu'ils écrivent en latin ou dans une langue latine. Dans bien des cas on constate aussi des variations importantes selon que la pièce autographe est destinée à une diffusion restreinte: étiquette d'herbier, notes marginales, mémento personnel, ou à une plus large propagation: lettres officielles, texte de discours. Sur les fiches qui sont ici proposées, on s'est efforcé de présenter les aspects les plus divers que puisse prendre l'écriture d'un botaniste et c'est ainsi que chaque fois que cela a été possible on a fait figurer au moins une signature, une étiquette d'herbier et une lettre par langue usuelle. Même si cela n'apparaît pas visiblement sur les fiches, tous les échantillons autographiques soumis sont authentifiés par A. P. de Candolle, A. L. P. P. de Candolle, V. Cesati, J. Briquet et l'auteur, ou au moins comparés avec des pièces authentifiées. Quelles sont les sources des documents présentés? On a fait appel à six fonds de pièces autographes que l'on peut trouver dans les collections des Conservatoire et Jardin botaniques de la Ville de Genève: 1) Le fichier de Candolle mentionné ci-dessus. 2) La correspondance botanique d'Alphonse de Candolle, don de Mme Augustin de Candolle et de ses enfants aux Archives du Conservatoire botanique de Genève en 1924. 3) Les lettres et autographes d'Edmond Boissier et de William Barbey acquis par la Fondation auxiliaire et remis par celle-ci au Conservatoire botanique de Genève en 1955. 4) La collection d'autographes du baron V. Cesati entrée au Conservatoire de la même manière que le lot 3. 5) Un fonds de pièces autographes diverses rassemblées dans les Archives à la suite du classement de différents dons et de la réorganisation de la Bibliothèque. 6) Les étiquettes des herbiers déposés à Genève. Pour ce qui est des commentaires, ils ne diffèrent de ceux que l'on peut retrouver dans la littérature classique que dans le cas où l'examen des pièces a permis de choisir entre plusieurs suppositions ou d'affirmer des points nouveaux. L'étendue des commentaires est celle que permet la taille d'une fiche recto-verso où la prépondérance est volontairement laissée aux documents autographes. On peut considérer d'ailleurs qu'ils sont tout naturellement limités par l'existence des sources de documentation biographique, bibliographique et iconographique que l'on trouvera à la fin de ce volume. Une seule référence bio-bibliographique, la plus complète qu'on a trouvé est ajoutée à la biographie résumée du botaniste considéré. |
| Einleitung |
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Botanikern, denen Herbarbelege als Grundlage für ihre wissenschaftlichen Arbeiten dienen,
ergeben sich nicht selten Schwierigkeiten der Identifizierung, beziehungsweise der Entzifferung
der meist handschriftlich verfaßten Herbaretiketten verstorbener Botaniker. Diese Schwierigkeiten
können durch die Anlage einer Autographensammlung gelöst, oder zumindest verringert werden. Das war
sicherlich auch einer der Gründe, weswegen A. P. de Candolle sich eine biographische und in gewissen
Fällen autographische Kartei über jene Botaniker anlegte, mit denen er in brieflichem Kontakt stand.
Diese Kartei bestand aus alphabetisch geordneten Blättern, auf denen er Wichtige Daten privater und
wissenschaftlicher Natur seiner Korrespondenten eintrug. Diesen Bögen fügte er nach Möglichkeit Herbaretiketten,
Briefumschläge und Schriftstücke bei, denen er möglichst Datum sowie Name des Betreffenden hinzufügte
"scripsit Roemer!, misit Balbis 1820, etc.". Diese Kartei wurde niemals zum Publizieren, sondern vielmehr als
persönliches Dokumentationsmittel de Candolle's (Vergleichsmaterial für die Identifizierung von Herbaretiketten,
zum Verfassen von Lobreden, usw.) angelegt. Nach dem Tode A. P. de Candolle's wurde die Kartei von seinem Sohne
A. L. P. P. de Candolle in diesem Sinne weitergeführt. |
| Introduction |
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The number of question which passing botanists hope to be able
to answer by consulting the archives of the Conservatoire et
Jardin botaniques, as well as the large amount of enquiries concerning
the identification of material hand written by botanists of yesteryear
create the impression that a more rational approach to problems
of this nature would be greatly appreciated by the scientific
community. This was no doubt one reason why A. P. de Candolle
compiled a biographic, and in some cases autographic card index
of the botanists with whom he corresponded. This consisted of
an alphabetically arranged loose-leaf system containing details
of the most important events in their private and professional
lives, and whenever possible he added herbarium labels, envelopes
and extracts from letters, almost always taking care to note
the date and the name of the writer, "scripsit Roemer, misit
Balbis, 1820, etc.". A. L. P. P. de Candolle retained this
card-index and continued to add to it after the death of his
father. Apparently it was never intended for publication, but
simply for the personal information of its compilers, for the
preparation of obituaries and to serve as a means of comparison
for the identification of herbarium labels. It is largely for
the same reasons that botanists resort to such handwritten material
today. |
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Tracé graphique et identité des scripteurs
Influence de l'âge |
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L'expert en écriture n'a pas à estimer si telle ou telle écriture trahit tel état d'esprit ou tel état émotionnel. Ce sont là préoccupations de graphologues qui pensent pouvoir déduire de l'analyse du tracégraphique les caractéristiques profondes de l'être. Leur attitude entachée de subjectivité trouve certainement son intérêt en psychologie; ce ne saurait cependant être la nôtre. L'expert en écritures observe, compare et s'efforce d'établir avec toute la certitude possible l'identité du scripteur de chacune des pièces autographes qui lui sont soumises. Son but est de parvenir à les certifier. En regardant une écriture il ne serait pas inutile de garder bien présents à l'esprit les quatre points suivants qui sont autant de raison pour lesquelles des variations du tracé observé ne correspondent pas à des changements d'identité du scripteur. L'écriture évolue profondément dans sa forme, son aspect, depuis l'enfance jusqu'à la vieillesse. On peut dire que tout comme l'être, elle se forme, se stabilise et se déforme de manière plus ou moins marquée. On veillera donc à tenir compte des dates jointes aux échantillons présentés et à les mettre en rapport avec celles figurant sur les pièces autographes que l'on désire identifier. Au reste on n'est jamais trop prudent et la simple vérification de la durée de vie d'un scripteur supposé permet d'éviter des erreurs, en particulier dans les cas d'homonymie. L'écriture est un mouvement physique; c'est un geste qui consiste à tracer à l'aide d'un outil une succession de signes. Ce mouvement est initié et contrôlé par la volonté. Il est cependant sujet à des irrégularités, des imprécisions et des écarts d'origine physiologique. On pourrait comparer ces imperfections à une sorte de "jeu" qui régnerait dans le fonctionnement des nerfs et des muscles. C'est ce "jeu" qui empêche le joueur de tennis de placer sa balle exactement là où il le veut et le ténor de tenir sa note avec une justesse parfaite. C'est ainsi que dans l'écriture la pensée directrice n'est ni parfaitement, ni entièrement transcrite par la main. La dérivation historique d'une pluralité d'alphabets nationaux à partir de l'alphabet gréco-latin impose à l'observateur de mettre en rapport chaque écriture avec le modèle graphique scolaire dont elle semble découler. D'un pays à l'autre, d'une époque à l'autre, les modèles de calligraphie proposés aux élèves ont considérablement variés. Pour établir avec quelque certitude les caractéristiques personnelles d'une écriture, il est indispensable de pouvoir apprécier à quel point elle s'écarte de la normale. C'est alors qu'il est bon de se souvenir que cette normale elle-même a beaucoup varié. Les jeunes Américains de la fin du XVIIIe siècle étaient instruits à imiter l'élégante "anglaise" de Benjamin Franklin. Les petits Anglais du XIXe siècle recopiaient studieusement la "cursive" des maximes édifiantes de Vere Foster. Il est évident que l'on serait bien en peine de remarquer les particularités personnelles d'une écriture slave ou allemande si l'on ne peut la mettre en rapport avec la "deutsche Schrift" ou l'alphabet cursif cyrillique. Le support et l'outil employés influent sur le tracé. Si l'époque à laquelle nous nous intéressons permet d'ignorer les stylets et les calamus des temps reculés, aussi bien que les stylos à bille et les crayons-feutres modernes, il semble judicieux de tenir compte cependant, lors de l'observation, de détails tels que la solidité et la rugosité du papier ainsi que de situer l'outil dans la "lignée évolutive" qui va de la plume d'oie au porte-plume à réservoir en passant par les becs de plumes les plus variés: corne, verre, acier, etc. Si l'on envisage l'écriture comme un mouvement enregistré, on comprendra sans peine les modifications qu'apportent à la transcription de l'idée directrice les moindres variations du support et de l'outil entraînant plus ou moins de freinage, de grattage ou d'empètement. Le tracé graphique doit être vu comme la trace concrète et persistante d'un mouvement fugace et individuel. Ce mouvement effectué dans l'espace tridimensionnel qui est celui de la vie sera mieux compris, et partant interprété, si sa transcription sur un support bidimensionnel est vue comme le résultat d'une évolution dans trois zones de l'espace graphique, la plume opérant tantôt au-dessus, tantôt à la surface du papier et parfois "dans" le papier. |
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Pratique de l'identification des écritures L'approche physique |
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De manière tout à fait pratique et préliminaire on pourrait suggérer à l'expert désireux d'examiner un autographe et de le comparer avec l'un de nos modèles qu'il commence par prendre note de la nationalité et de l'âge du scripteur qu'il suppose. Puis, se mettant "dans la peau" de ce personnage, qu'il parcoure du geste l'écriture du modèle, suivant et repassant les caractères à l'aide d'un stylet ou mieux d'une Plume dépourvue d'encre jusqu'à ce qu'il ait la manière de tracer bien en main. Il pourra ensuite chercher si le même exercice conduit sur l'autographe à identifier offre à la main quelque sensation retrouvée. Cette reconnaissance pour ainsi dire physiologique de la manière de tracer devrait précéder toute étude plus approfondie des détails. Une telle approche sentie devrait servir de préambule à toute analyse rationnelle ultèrieure. A la méthode d'identification des écritures par approche physique s'oppose, sans toutefois l'exclure, une étude plus rationnelle que l'on pourrait désigner du terme de graphologie théorique. Il s'agit d'une méthode d'analyse des tracés graphiques, où l'expert s'efforce d'observer et de noter autant de caractéristiques originales mais constantes qu'il pourra, sur les échantillons à authentifier. Il est à la fois habituel et pratique, lors de cette recherche des particularités graphiques d'un scripteur, de s'appuyer sur un système méthodologique précis, et de procéder aux examens nécessaires avec la routine que permet un schéma convenu des observations successives à faire. Le schéma de ce type, que nous présentons ci-dessous, n'a pas la prétention d'être spécialement original, ni plus efficace qu'un autre. Il n'est pas celui d'une école graphologique en particulier, mais représente plutôt une sorte de liste des différentes caractéristiques habituellement retenues par la plupart des graphologues. Cette espèce de "checklist" est disposée d'une manière qui paraît à la fois pratique et logique puisqu'elle passe du général au particulier, c'est-à-dire des examens d'ensemble à ceux de détails. La première notion dont il faut faire l'examen est celle de l'impression d'ensemble. L'échantillon fournit-il l'impression d'un ensemble cohérent, harmonieux ou donne-t-il une idée plus capricieuse ou désordonnée de sa nature? Une certaine harmonie d'ensemble existe-t-elle ou non et dans quelle mesure? L'observation de cette première caractéristique est délicate. Il faut s'efforcer de regarder l'échantillon d'écriture comme un portrait ou comme un jardin, soigné ou à l'abandon. Il faut aussi se garder de tomber dans l'erreur classique qui fait confondre harmonie et calligraphie. Un texte calligraphié, où les caractères approchent ceux de l'imprimerie, n'est pas particuliérement harmonieux, il présente simplement peu de particularités intéressantes. 2. L'espace-papier et son occupation Peut-être est-il plus facile de saisir la seconde notion à rechercher, celle d'ordonnance générale du texte, c'est-à-dire l'occupation de l'espace-papier, les rapports existants entre l'espace écrit et le blanc, ainsi que leurs originalités. On peut, en simplifiant, considérer qu'il s'agit de l'observation des blancs: haut, bas et marges. Ces espaces vierges sont plus ou moins grands, plus ou moins symétriquement disposés par rapport au texte; les marges peuvent être droites ou irrégulières, voire absentes; elles croissent ou décroissent de haut en bas, etc. On recherchera d'éventuelles variations de direction, d'orientation de l'écriture pour savoir si elle a tendance à monter ou à descendre et si cette tendance est constante ou si l'écriture est simplement sinueuse ou de direction instable. On distinguera également les lignes écrites droites de celles qui sont incurvées, quelle que soit leur direction. L'attention aura à se porter ensuite sur l'inclinaison des lettres, vers l'arrière ou l'avant, sauf les cas d'écritures droites. On peut observer des inclinaisons inégales et fortuites ou au contraire des inégalités d'inclinaison qui portent sur certaines lettres précises, comme par exemple des "t" droits mais des "l" inclinés vers l'avant. Une notion importante est celle de la dimension de l'écriture, la taille objective des signes tout d'abord puis aussi leur taille relative et enfin les déformations, allongements verticaux ou horizontaux, resserrements et superpositions. Les graphologues cherchent généralement à nommer les différents types d'écriture observés. Ils parlent d'écritures démesurée, grande, basse allongée, etc., mais il ne semble pas que cet effort se justifie dès l'instant qu'on se borne à relever des caractéristiques sans chercher à les mettre en rapport avec des valeurs psychologiques. Sixième point à examiner: ce que l'on nomme la continuité de l'écriture ou sa liaison. C'est l'examen des interruptions, des ruptures du tracé ou au contraire des liés d'un signe à l'autre. On pourra observer toute une série de formes de transition entre les écritures juxtaposées dans lesquelles les lettres et même les jambages sont disposés quasi individuellement et les écritures hyperliées où l'on observe des liaisons excessives qui vont d'un mot au suivant. Très caractéristiques sont souvent les formes que prennent les liaisons d'un jambage à l'autre selon qu'elles sont anguleuses ou arrondies, dans les hauts ou dans les bas. Une bonne perception de la continuité de l'écriture, soit d'une espèce de rythme, de respiration sous-jacente, permet de se figurer la vitesse à laquelle le tracé a été réalisé. Cette notion dérivée n'est pas sans intérêt si l'on veut bien considérer que souvent ce n'est qu'une différence de vitesse qui distingue deux échantillons graphiques, apparemment très différents, lorsque l'un par exemple a été réalisé avec soin et un souci de présentation poussé, alors que l'autre a été jeté à la diable, précipitamment. Un examen très important est tout simplement celui des lettres que l'on prendra pour plus de clarté, dans l'ordre alphabétique en cherchant pour chacune une éventuelle caractéristique originale se répétant constamment. On s'efforcera de voir si les "a" et les "o" sont fermés ou ouverts, et dans ce cas à quel endroit, comment sont tracés les "s", les "g" et les "d", lettres très variables d'une écriture à l'autre. L'observation correcte d'un petit nombre de particularités bien typiques permet d'identifier avec sûreté même quelques mots. On terminera en portant son attention sur les "détails"
qui peuvent être capitaux. Ce n'est pas sans profit que
l'on prendra note de l'ornementation d'une majuscule ou de la
position des points sur les "i". La ponctuation ou
la manière de faire les barres des "t" singularisent
souvent une écriture. Les chiffres et certaines abréviations
d'usage courant sont également fréquemment tracés
avec originalité. |

